Sobre Cossery

«Il y a encore quelques jours, on le croisait dans les rues du quartier de Saint-Germain-des-Prés, à Paris. La silhouette de plus en plus maigre, la démarche de plus en plus lente, mais toujours habillé comme un seigneur, pochette colorée à la veste, tête droite, oeil espiègle.
Il n’avait jamais interrompu son “Cossery Tour”, commencé il y a plus de soixante ans, cette promenade d’avant sieste qui le menait de l’une à l’autre des terrasses de café du quartier, entre Dalloyau (ex-Pons), la brasserie Lipp, Le Café de Flore et Le Chai de l’Abbaye, pour y mater le ciel et les jolies filles. Il retournait ensuite à La Louisiane, le modeste hôtel de la rue de Seine où il avait élu domicile depuis toutes ces longues années. C’est là, dans sa petite chambre surencombrée par le temps, qu’Albert Cossery s’est éteint tranquillement, dimanche 22 juin, à l’âge de 94 ans.»

Este é o início do texto necrológico que Marion Van Renterghem publicou hoje, no Le Monde, sobre Albert Cossery. A continuação pode ler-se aqui e não resisto a transcrever o final:

«Les dix dernières années de sa vie, donc, Albert Cossery n’écrivait plus, ne parlait plus. Il ne faisait que penser, rêver, observer, faire la sieste et déambuler dans les rues de Saint-Germain-des-Prés, de sa démarche désarticulée, souvent au bras d’une jeune amie blonde. Etre vivant le réjouissait, son propre silence le comblait, il était heureux. On lui avait demandé un jour s’il s’ennuyait. Du temps où il parlait encore, il avait répondu : “Je ne peux pas m’ennuyer, je suis avec M. Cossery.“»



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«Tenho a suspeita de que a espécie humana - a única - está prestes a extinguir-se e que a Biblioteca perdurará: iluminada, solitária, infinita, perfeitamente imóvel, armada de volumes preciosos, inútil, incorruptível, secreta» Jorge Luis Borges